L’intérêt de lire les auteurs grecs qui ont pensé la démocratie de leur temps est avant tout de se libérer des fausses évidences de notre époque sur l’organisation d’une démocratie et sur le rôle qu’y jouent les citoyens.
Des philosophes politiques comme Hannah Arendt et Cornélius Castoriadis ont attiré l’attention sur l’utilité du modèle antique pour refaire du politique un véritable espace public. Mon ambition est beaucoup plus limitée, et plus adaptée aux réflexions anarchistes sur la démocratie directe.
Je propose de décrire d’abord brièvement les institutions athéniennes, pour rappeler à quel point elles étaient proches de ce que nous appelons une organisation anarchiste ; ensuite, de retracer le débat qui eut lieu entre les philosophes grecs pour essayer de savoir si, par nature, tous les hommes étaient capables de s’occuper de la chose publique, et surtout quelles conditions il fallait instaurer pour que ce soit possible.
On verra ainsi que bon nombre de leurs arguments et de leurs propositions sont encore tout à fait valables aujourd’hui et que nous pouvons les utiliser pour défendre notre projet de société.
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