• STEVENS, Annick. "La démocratie vue par ses inventeurs"

    Bien peu de gens actuellement, si l’on évoque la démocratie, se représentent autre chose que la démocratie représentative.

    Pour nos « représentants » politiques et tous leurs relais (presse, écoles et malheureusement de nombreux politologues et philosophes politiques), toute autre forme en est inconcevable.

    Si on leur rappelle que la démocratie directe a été appliquée à l’échelle des cités grecques, ils affirment qu’elle est impossible actuellement, soit parce que les États sont de trop grandes entités, soit parce que la politique est devenue trop complexe pour que des non-spécialistes puissent s’en occuper. La réponse des anarchistes est que rien n’empêche, d’une part, de fédérer de petites entités et, d’autre part, à la fois de simplifier les systèmes et de former l’ensemble des citoyens.

    Mais le bouleversement nécessaire à ce changement semble un prix trop cher à payer pour l’intérêt qu’on en tirerait : au fond, que tous décident, qui le souhaite vraiment ? On se contente d’un État de droit dirigé par des professionnels, qui certes se soucient bien plus de leurs propres privilèges que de l’intérêt commun, mais qui assurent tout de même une relative sécurité physique et économique. S’il doit y avoir un changement, il semble plus probable pour la majorité des gens qu’il aille vers le pire que vers le meilleur.

    L’intérêt de lire les auteurs grecs qui ont pensé la démocratie de leur temps est avant tout de se libérer des fausses évidences de notre époque sur l’organisation d’une démocratie et sur le rôle qu’y jouent les citoyens.

    Des philosophes politiques comme Hannah Arendt et Cornélius Castoriadis ont attiré l’attention sur l’utilité du modèle antique pour refaire du politique un véritable espace public. Mon ambition est beaucoup plus limitée, et plus adaptée aux réflexions anarchistes sur la démocratie directe.

    Je propose de décrire d’abord brièvement les institutions athéniennes, pour rappeler à quel point elles étaient proches de ce que nous appelons une organisation anarchiste ; ensuite, de retracer le débat qui eut lieu entre les philosophes grecs pour essayer de savoir si, par nature, tous les hommes étaient capables de s’occuper de la chose publique, et surtout quelles conditions il fallait instaurer pour que ce soit possible.

    On verra ainsi que bon nombre de leurs arguments et de leurs propositions sont encore tout à fait valables aujourd’hui et que nous pouvons les utiliser pour défendre notre projet de société.

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